Pas question de faire du green washing pour vendre les spiritueux irlandais", Noreen Lanigan, Irish Food Board

Pas question de faire du green washing pour vendre les spiritueux irlandais", Noreen Lanigan, Irish Food Board

mar 07 février 2017

A l'occasion du lancement officiel de Kalak Single Malt Vodka et de Hyde Irish Whiskey à l'Ambassade d'Irlande à Paris le 24 janvier dernier, nous avons rencontré Noreen Lanigan, responsable du Bord Bia (Irish Food Board) en France. Et nous avons été séduits par sa ferveur à défendre les spiritueux irlandais, leur qualité, ainsi que leurs modes de production éco-responsables. Pour Noreen, pas question d'utiliser l'alibi "vert" comme simple argument marketing : l'enjeu est bien trop important ... Des convictions qui font écho aux valeurs de L'Explorateur du Goût.

La vente des boissons irlandaises a progressé de 18% en France l'an dernier. Jolie performance, non ?

Le marché français est l'un de ceux où la progression est la plus forte. Ce succès est en large partie dû à nos "whiskeys" irlandais. Nous sommes convaincus que ces derniers continueront à se faire une place en France dans les prochaines années... et à grignoter du terrain sur les whiskies écossais, qui représent plus de 80% de parts de marché en France. Après tout, c'est nous les inventeurs du whiskey, non ? C'est bien Saint-Patrick qui a importé l'alambic en Irlande ! Au-delà des petites (et joyeuses) querelles sur l'origine du whiskey, il est temps que l'Irlande soit reconnue comme producteur de spiritueux. Parce que nos produits le méritent !

«C'est Saint-Patrick qui a importé l'alambic en Irlande ! »

A votre avis, quelle est la clé de ce succès ?

La croissance des exportations est d'abord liée au regain de la production. Saviez-vous que la production de spiritueux a été quasiment stoppée en Irlande dans les années 30, notamment à cause de la Guerre d'Indépendance contre les Anglais. La prohibition américaine a aussi porté un coup fatal à nos producteurs. Résultat : il ne restait que deux distilleries en activité dans les années 80 ! Petit à petit, à partir des années 90, de nouvelles distilleries ont ouvert leurs portes (de whiskeys bien sûr, mais aussi de gin ou de vodka) et les exportations ont augmenté "mécaniquement". La filière whiskey bénéficie aussi d'un fort investissement des secteurs privés et publics, estimé à un milliard d'euros entre 2012 et 2025.

«Dans les années 20, la prohibition américaine a porté un coup fatal à nos whiskeys ! »

Les qualités gustatives des "irish whiskeys"' contribuent également à leur succès, n'est-ce-pas ?

BIen sûr ! Et c'est particulièrement le cas en France. Quand un client craque pour un spiritueux irlandais chez son caviste, c'est qu'il est déjà connaisseur ou amateur de whisky. Il va avoir envie de sortir des sentiers battus et d'arriver avec un produit de qualité pour impressionner ses amis. En France, nous ne nous adressons pas à des fans d'Irlande - comme c'est le cas aux Etats-Unis, où les descendants d'Irlandais sont nombreux. C'est la qualité gustative qui fait la différence.

«En France, nous séduisons les amateurs exigeants »

Vous attachez une grande importance aux méthodes de production éco-responsables. Est-ce un argument pour mieux vendre ?

Franchement, je ne serais pas capable de dire si Origin Green - le programme développement durable initié par Bord Bia sur l'ensemble de la filière agro-alimentaire irlandaise - permet de développer les ventes. Tout ce que je peux affirmer, c'est que ce n'est pas son but premier ! Nous nous inscrivons dans une dynamique à beaucoup plus long terme. Nous voulons simplement, via des méthodes de production responsables, transmettre aux futures générations des terres préservés. Pour en arriver là, il faut déjà mesurer systématiquement notre impact environnemental, économique et sociétal et, ensuite, mettre en place des objectifs concrets d'amélioration. Notre pays a été occupé pendant 800 ans, nous nous sommes battus pour récupérer nos terres. Il n'est pas question aujourd'hui de mettre en péril ce fabuleux patrimoine ! Une chose est sûre, les agriculteurs et les producteurs s'engagent sans difficulté dans notre programme. Avec des résultats tangibles : les émissions de gaz à effet de serre de la filière boisson ont été réduites de 22% entre 2012 et 2014.

«Nous voulons transmettre des terroirs préservés aux générations futures »

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